Le 7 septembre, Verlaine et Rimbaud voyagent entre Ostende et Douvres, puis gagnent Londres. Sur les conseils de sa mère, Rimbaud rentre
à Charleville en décembre.
Resté seul, Verlaine déprime et tombe malade. Il est soigné par sa mère en janvier 1873. Rimbaud vient le rejoindre. Ex-communard,
Verlaine est surveillé de loin par la police et se cache. Il repart à Namur le 4 avril pour essayer de se réconcilier avec sa femme, mais
elle ne veut rien entendre.
Fin mai, Verlaine et Rimbaud sont de retour à Londres. Le couple vit de l'argent de la mère de Verlaine, et de leçons de français.
Le 3 juillet, à la suite d'une violente dispute qui n'est qu'un prétexte, Verlaine
quitte Rimbaud. Il veut essayer une dernière fois de parlementer avec sa femme et
menace de se brûler la cervelle
si elle ne vient pas au rendez-vous. Le 5, Mme Verlaine mère retrouve son fils à Bruxelles. Rimbaud arrive le 8, convoqué par
télégramme.
Le 10, ivre et sachant que Rimbaud veut le quitter définitivement, Verlaine tire sur lui deux coups d'un revolver qu'il a acheté.
Rimbaud est légèrement blessé au poignet gauche. Après avoir reçu des soins à l'hôpital, comme Verlaine semble persister à vouloir empêcher
à tout prix son départ alors qu'ils sont sur le chemin de la gare, Rimbaud prend peur et fait intervenir un agent de police.
Verlaine est arrêté et subit un examen médico-légal qui conclut à des pratiques homosexuelles.
Le 8 août, il est condamné à deux ans de prison ferme à Bruxelles, et 200F d'amende, bien que Rimbaud ait retiré sa
plainte.
Après appel, le jugement est confirmé le 27 août. D'abord en prison à Bruxelles, Verlaine est transféré à Mons en octobre 1873.

Le 27 mars 1874 paraissent les
Romances sans paroles.
Le 24 avril le jugement de séparation est rendu et donne à Mathilde la garde de son fils. Verlaine est condamné à lui verser une pension
alimentaire de 1200F par an.
En juin, le poète se déclare converti au catholicisme et rédige en prison certains des poèmes de
Sagesse.

Il sort de prison le 16 janvier 1875, ayant bénéficié de presque un an de remise de peine pour bonne conduite. Il se rend avec sa mère à
Fampoux (Pas-de-Calais) chez son oncle maternel, puis après une autre tentative de réconciliation avec Mathilde, il part pour Stuttgart
rejoindre Rimbaud qui est précepteur et qui lui fait en deux jours et demi "
renier son dieu".
C'est au cours de cette dernière rencontre que Rimbaud lui confie le manuscrit des Illuminations.
Le 20 mars, Verlaine est à Londres, professeur de grec, latin, français et dessin. Il rencontre
Germain Nouveau,
ancien du Cercle Zutique et également ami de Rimbaud.
Verlaine envoit des poèmes au 3ème Parnasse contemporain qui les refuse.
En décembre, il envoie une dernière lettre à Rimbaud, restée elle aussi sans réponse, depuis qu'il a refusé de le dépanner financièrement.
Verlaine continuera cependant à essayer de rester informé des faits et gestes de son ami en restant en contact avec leurs amis communs,
Ernest Delahaye et Germain Nouveau.

En 1876, il est professeur en Angleterre : Stickney, Boston, puis Bournemouth. Il passe régulièrement ses congés en France, chez sa mère.

Fin juin 1877, il quitte l'Angleterre. En octobre, il est engagé comme professeur à Rethel. Il enseigne le français,
l'anglais, l'histoire et la géographie.

En 1878, toute l'année Verlaine essaye en vain de fléchir Mathilde par l'intermédiaire de Sivry avec lequel il travaille à une Opérette,
La Tentation de Saint-Antoine.
À Rethel, à la rentrée suivante, il noue avec un de ses élèves,
Lucien Letinois,
18 ans, une amitié équivoque.

Le 4 septembre 1879, il est renvoyé de Notre-Dame de Rethel et il part aussitôt pour Londres avec Lucien Létinois, qui trouve un poste
de professeur à Stickney, où avait enseigné Verlaine. Lui enseigne à Lymington, près de Southampton et de l'île de Wight.
À Noël, ils se retrouvent à Londres. À la suite d'une dispute, ils reviennent subitement en France.

En mars 1881, Verlaine achète une ferme à Juniville pour les parents de Lucien, près de Rethel, et s'y installe avec eux.
En été, il est à Arras avec Germain Nouveau.
En automne, il suit partout Lucien qui fait son service militaire comme artilleur.
En novembre,
Sagesse paraît à compte d'auteur à la
Société générale de Librairie catholique.
La Revue du Monde catholique refuse de publier
Voyage en France par un Français.

En janvier 1882, le domaine de Juniville est revendu à perte et Verlaine retourne à Paris. Il a trente-huit ans, engage des démarches
pour se faire réintégrer dans l'administration, renoue avec les milieux littéraires, publie en novembre
Art poétique dans
Paris moderne. Après enquête administrative qui remonte juqu'à l'affaire de Bruxelles et découvre
l'expertise médico-légale de 1873 qui mentionne son homosexualité, il n'est pas réintégré dans l'administration.

En avril 1883, Lucien Létinois meurt, à vingt-trois ans, d'une fièvre typhoïde. Le désespoir de Verlaine se traduira dans une
série de vingt-cinq poèmes à la mémoire de son "fils adoptif", qui termine
Amour.
En juillet, Mme Verlaine mère achète pour les Létinois une propriété (Malval) à Coulommes, près de Rethel. Verlaine s'y installe avec elle
en septembre et y mène une vie de débauche et d'ivrognerie.

En mars 1884, publication chez Vanier du texte en prose
Les Poètes maudits avec un chapitre
sur l'Homme aux semelles de vent. Divers poèmes qui trouveront leur place dans
Jadis et Naguère paraissent en revue.
En avril, Mme Verlaine mère fait la donation à son fils du domaine de Malval.

En janvier 1885, parution de
Jadis et Naguère chez Vanier.
Le 9 février, le jugement de divorce entre Mathilde et Verlaine est rendu, aux torts de ce dernier.
Verlaine manque d'étrangler sa mère qui se réfugie chez des voisins.
Le 8 mars, le domaine de Malval est revendu. Le 24 mars, Verlaine est condamné par le tribunal de Vouziers à un an de prison pour coups,
blessures et menaces de mort envers sa mère. Il est libéré le 13 mai sur l'intervention de celle-ci. Il vagabonde jusqu'en juin, où il
s'installe de nouveau à Paris, hôtel du Midi, avec sa mère.
Il souffre d'hydarthrose du genou. À l'hôtel du Midi, il fait la connaissance de la prostituée Marie Gambier, trente ans, la première de
ses trois dernières maîtresses importantes, la "Princesse Roukhine" de
Parallèlement.