Roche
La route de Charleville à Roche (la plus rapide)
The way between Charleville and Roche

Voici une partie de la route Rimbaud-Verlaine, jusqu'à Roche, la ferme familiale où Rimbaud est toujours revenu se ressourcer. De la ferme,
il ne reste plus qu'un mur aujourd'hui, celui qui était contigu au grenier dans lequel Arthur a écrit une "Saison en Enfer".
Les allemands en avaient fait leur quartier général pendant la première guerre mondiale et l'ont rasée quand ils sont partis. A la place
du grenier qui était au-dessus du porche (voir le
dessin de Paterne Berrichon),
il y a maintenant une sculpture pour commémorer
"Une Saison en Enfer", érigée et payée par Paul Boers, un admirateur fanatique de Rimbaud. L'homme, également chercheur d'or, a vécu de
nombreuses années à Roche dans la nouvelle maison construite à l'emplacement de la ferme des Rimbaud, cherchant le trésor d'Arthur !

Je m'explique : dans l'une de ses lettres à sa famille, écrite au Caire le 23 Août 1887, Rimbaud parle de 16 000 et quelques cents
francs qu'il porte continuellement dans sa ceinture, soit 8 kilos d'or : toutes ses économies réalisées par un dur labeur à Aden et Harar.
Paul Boers est persuadé que cet or est toujours caché à Roche, et il n'est d'ailleurs pas le premier à essayer de le trouver.
Il oublie juste un détail : dans une lettre à sa mère, écrite le lendemain (Le Caire, 24 Août 1887), Arthur explique qu'il a finalement
déposé l'argent au Crédit Lyonnais du Caire pour en percevoir les intérêts par l'intermédiaire de négociants pendant ses voyages. C'était
trop dangereux de toujours porter cette somme sur lui, et si lourd que "ça lui flanquait la dysenterie". Aussi il demande à sa mère un
prêt de 500F pour partir à Zanzibar et ne pas toucher à son dépôt où bien il perdrait les intérêts.

Paul Boers a étudié le mur sous tous les angles, cherchant à y découvrir des indices sur le trésor. Il l'appelle "le mur aux fenêtres
feintes". En effet, le mur comporte deux fausses fenêtres, murées d'origine, une inscription : R. 18 et le reste de la date est
détruit, ainsi qu'un motif sculpté qui ressemble à une fleur au milieu de 2 rameaux à 13 feuilles chacun. Il en tire des interprétations
cabalistiques plus qu'étranges. D'après lui, Rimbaud aurait depuis longtemps connu la date de sa mort, alors il l'aurait fait gravée en
haut du mur. L'inscription complète serait en fait R.A 1891 (????)