Jean-Joseph-Marie-Michel Paul Soleillet, explorateur associé de Rimbaud pour la vente d'armes obsolètes à Menelik. Rentré en France, Soleillet commença, comme conférencier, une infatigable campagne. Aussi les récompenses honorifiques ne tardè- rent-elles pas à pleuvoir sur l'intrépide voyageur. Les sociétés de géographie de Rouen, Marseille, Lyon, Lille, la société Languedo- cienne de géographie, etc., etc., lui décernèrent leurs médailles d'honneur. D'autre part, Soleillet avait rapporté de ses voyages dans l'Afrique Orientale des trésors ethnographiques, qui furent classés, par les soins du docteur Hamy, dans le musée ethnographique du Trocadéro. Le gouvernement ne pouvait se dispenser de montrer sa reconnaissance au voyageur, qui revenait chargé, au profit de nos musées, de richesses inappréciables. Déjà officier d'académie depuis le 11 juin 1879, Soleillet fut décoré à son retour, en 1885, de la croix de la Légion d'honneur. Là, malheureusement, se bornèrent les témoignages de gratitude du gouvernement. L'explorateur sollicita vainement de lui une mission scientifique ou diplomatique pour le royaume du Choah. Voyant qu'il n'y avait à compter sur aucun appui officiel, il se décida à chercher quelques capitaux parmi ses amis et ses connaissances. C'est ainsi qu'il repartit pour le Choah, avec une caravane de marchandises destinées au roi Menelick. Il revenait de cette expédition, peut-être avec des résultats pré- cieux, quand la mort vint le surprendre à Aden, à l'âge de quarante- quatre ans. Il a succombé, dit-on, à une maladie de coeur qu'il avait contractée pendant ses longs et pénibles voyages. La Société des Félibres de Paris, dont Soleillet était un des mem- bres les plus dévoués, a pris l'initiative d'un projet de monument à la mémoire de l'intrépide explorateur. L'exécution en est, dit-on, confiée au sculpteur Amy. Paul Soleillet, auquel de faux savants et des jaloux, ont reproché à tort d'être insuffisamment instruit pour tirer tout le parti possible de ses voyages, a écrit plusieurs livres, qui tous ont eu du retentissement dans le monde géographique. Citons : Exploration du Sahara central (1874); l' Avenir de la France en Afrique (1876); l' Afrique occidentale (1877); Rapport sur le voyage de Saint-Louis à l'Adrar (1879); les Explorations de Paul Soleillet, racontées par lui-même (1881); Voyage en Ethiopie (1885); Une exploration en Ethiopie (1886); plus un grand nombre de mémoires et de brochures. La mort de cet intrépide, qui est venue grandir la liste nécrologi- que, déjà si considérable, des voyageurs en Afrique, est un véritable malheur pour la science géographique, à laquelle il a rendu des ser- vices aussi nombreux que signalés. Paul Soleillet en Afrique, par Jules Gros (1829-1891) http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5722681c Soleillet (Paul), voyageur, rue Moiijardin, 8, à Nîmes. membre de la société de géographie depuis 1879.