Paul Auguste Bretagne (1837-1881), dit Charles Bretagne, est né à Vouziers. C'était un personnage haut-en-couleur, corpulent et taciturne, qui avait une réputation de pilier de comptoir et d'excellent violoniste. Il fit sa carrière dans l'administration des Contributions indirectes et fut l'ami de Rimbaud et de Verlaine. En poste à Fampoux, près d'Arras, il y rencontra Verlaine et Charles de Sivry, puis muté à Charleville fin 1869, il y fit la connaissance de Léon Deverrière, professeur à l'institution Barbadeaux et de Georges Izambard, qui lui présentèrent Rimbaud, leur jeune prodige.
Tout de suite, le courant passa entre eux. Bretagne servit volontiers de "boite à lettres" au jeune poète (il donne l'adresse de Bretagne dans sa lettre du 24 mai 1870 à Théodore de Banville). Il lui prêtait des livres, lui donnait du tabac, lui payait à boire. C'est lui qui suggéra à Rimbaud de composer des poèmes anticléricaux car c'était sa manie de manger du curé. On peut le considérer comme le père spirituel des Accroupissements, des Premières Communions, d'un Cœur sous une soutane, etc.. On sait que Bretagne consentit à ajouter une dizaine de lignes de recommandation dans la première lettre de Rimbaud à Verlaine, qui contenait des poèmes recopiés par Delahaye (août 1871), et que c'est lui qui leur procura une voiture pour passer clandestinement la frontière belge.
Pour en savoir plus, voir l'article de Pierre Petitfils et Joseph Deschuytter paru dans
la revue Le Bateau Ivre n° 14 de novembre 1955.