L'image de Rimbaud reste avant tout celle d'un poète de la brutalité, d'un poète violent qui aurait rompu, par cette violence même, avec une certaine mièvrerie poétique. L'essentiel, et l'essentiel atteint sans ménagement, tel serait le geste principal de la poésie rimbaldienne, auquel aurait succédé l'adieu puis le silence, autres formes de brutalité. Mais Rimbaud n'est-il pas aussi un autre poète, un tout autre poète ? Non seulement un poète de la délicatesse, de la tendresse, comme en attestent de nombreuses pièces, mais également un poète de l'effacement et de la dispersion ?