Une lecture attentive des notes et de l'appareil critique révèle en effet que Banier a acquis ces dernières années une brassée de précieux manuscrits rimbaldiens, lors de deux ventes aux enchères mythiques, celle du collectionneur Jacques Guérin, en 1998, et celle du grand libraire Pierre Berès, en 2006. Lors de cette dernière, organisée sous la houlette de Pierre Bergé, l'ami de Liliane Bettencourt a ainsi acheté les trois pages écrites à l'encre brune du poème Comédie de la soif pour 365 000 euros, une enchère qui avait fait sensation à l'époque. Ce jour-là, il avait déboursé plus de 1 million d'euros "en" Rimbaud, s'octroyant aussi les manuscrits de Génie et de Ô saisons, ô châteaux. Ces acquisitions sont venues rejoindre Mémoire et Les Effarés, deux manuscrits achetés huit ans plus tôt à la vente Guérin. Il semblerait que Liliane Bettencourt et François-Marie Banier envisageaient de créer un musée avec les plus belles pièces de cette collection. "Abracadabrantesque", comme aurait dit un autre justiciable célèbre, citant justement Rimbaud...