Deux années après l'épisode du coup de feu à Bruxelles, l'amant de l'auteur des « Illuminations » cherche la foi, tandis que l'autre, Rimbaud, si beau, si « pute », veut lâcher la poésie pour entrer dans le business. Le dialogue vire à la scène de ménage. Des mots crus, tendres, des envies de boire, de baiser, entre deux êtres inquiets d'être « catalogués pédés » par la postérité. Le texte, transgressif, désacralise les génies, les ramène vers l'ordinaire de leur humanité ; et on lit leurs échanges avec un sourire jubilatoire, comme si l'on claquait la bise à la Joconde.

« Et la nuit seule entendit leurs paroles », de Patrick Besson (Mille et une nuits, 110 pages, 3 €).

Source : Le Point