Le fonds s'enrichit ainsi, permettant d'en savoir un peu plus sur le quotidien du poète qui travaillait alors pour le comptoir de négoce des Bardey.
Ces objets, parmi lesquelles des lettres et un manuscrit inédits du poète, mais aussi des documents d'Alfred Bardey, ont été retrouvés dans une petite valise verte conservée au bas d'un meuble par Pierre Bardey, petit-neveu d'Alfred.
C'est lors du décès de ce dernier, en 2008, que le nouveau trésor fut découvert.
Ainsi, des feuillets originaux du Rapport sur l'Ogadine publié par la Société de géographie, en 1884 ,sont mis au jour.
Rimbaud, envoyé pour explorer cette zone orientale de l'Ethiopie, transcrit, de manière rigoureuse, les routes, l'origine des noms de la région, tout en faisant référence aux ethnies locales.
De même, une note sur Le caoutchouc au Harar a fait son apparition.
Autre pièce majeure : une lettre attribuée à Blanche Bardey, belle-sœur d'Alfred, affirmant qu'Arthur Rimbaud a bel et bien remis, à son mari, une bourse remplie de piécettes, avant d'être embarqué, déjà très malade, sur le paquebot L'Amazone en 1891 à Aden.
« Je n'ai donc pu connaître cet homme bizarre. Il avait, le matin, donné à mon mari un petit sac en toile bise contenant une monnaie qui ressemble à des paillettes », écrit-elle. Cette ancienne monnaie en argent avait sans doute encore cours en Afrique de l'Est au temps de Rimbaud.
Le « petit magot » authentifié
Bien que l'existence de ces piécettes fût connue depuis les années 1980, aucune preuve n'authentifiait, jusqu'alors, leur provenance et, surtout, le propriétaire de la petite bourse en toile où est inscrit le nom de Rimbaud.
Sans pouvoir en donner la valeur numéraire ou encore définir l'origine exacte, ce « petit magot » s'est cependant transmis de génération en génération dans la famille Bardey.
En effet, les piécettes ont été offertes en cadeau de naissance à René Bardey, le fils de Pierre et neveu d'Alfred, avant d'arriver dans les mains de Marie-Anne Bardey.
« Comme j'aimais beaucoup la poésie, mon père m'a dit qu'il avait quelque chose pour moi, et il m'a sorti les pièces », explique la petite-nièce d'Alfred Bardey, à l'époque âgée de 12 ans.
Ne souhaitant pas voir se disperser ces précieux documents, la famille a décidé d'en faire don au musée pour « que tous puissent en profiter. C'est le hasard génétique qui fait qu'on en a été en possession. Mais cela appartient au patrimoine national, si ce n'est mondial ».
M.T.
Source : L'Union